Le Camp créé en 1917 ou 1918 est utilisé par l'Aviation. Sans affectation jusqu'en 1938-1939, le Génie en prend alors possession avant que n'arrive un bataillon de DCA.
 |
Le Camp avait été créé par application d'un décret permettant l'internement administratif de "personnes dangereuses au regard de la défense nationale ou de la sécurité publique" vers la fin de l'année 1939 (camp d'internement pour opposants politiques qui se transformera en camp pour prisonniers de guerre).
|
Du 26 juin 1940 à sa fermeture fin 1941, il reçoit environ 10 000 prisonniers de guerre français. A signaler, parmi ces prisonniers, le futur Ministre de Pétain, BENOIST-MECHIN et le comédien Jean LEFEVRE. Entre la réouverture du camp 5 janvier 1942, comme "centre de séjour surveillé", pour y détenir des opposants au régime de Vichy, et sa liquidation le 9 mai 1944, on peut constater un grand nombre de mouvement entre divers camps (Rouillé, Pithiviers, Compiègne, Ecouves, Châteaubriant); environ 2000 internés transitent par Voves : 583 sont livrés aux Allemands, 71 patriotes s'évadent (dont ceux du tunnel : dernière évasion du 6 Mai 1944) et rejoignent la Résistance.
Après le 15 août 1944, 20 000 prisonniers de guerre allemands sont détenus au Camp qui est démantelé à partir de 1947.
Actuellement, le site est un lieu de mémoire perpétuant le souvenir de ce qui fût, entre autre, un haut lieu de la Résistance française.
Le Camp se situait sur deux parties : - l'une réservée aux gendarmes, direction, gestion, police avec des baraques du mess, dortoirs, cuisines; - l'autre partie aux internés avec un ensemble de baraques dont une infirmerie, un parloir et postes de garde.
Il y avait un chef de camp secondé par deux inspecteurs de police, des gendarmes et des gardes civils, une dizaine d'employés des personnels administratifs, un médecin et cinq infirmières.
En tout, environ 180 personnes participaient à la gestion et au fonctionnement du Camp. Le Camp de Voves sert de réservoirs d'otages. Les internés y sont classés, répertoriés, attendant soit les pelotons d'exécutions, soit la déportation.
Au Camp de Voves, régna une solidarité exemplaire où chaque baraque s'appelait famille. Mais certains n'y attendent que le chemin de l'évasion. Pour ce faire, le camp se transforme en une véritable école de courage et d'imagination avec la création : - d'une chorale - d'un orchestre symphonique - d'une troupe de théâtre - d'une université - d'expositions diverses - d'ateliers - de cours de médecine - d'activités enseignées, notamment les préparations militaires de combats, déguisées sous forme de compétitions sportives, etc...
En fait, tout travail est bon, pourvu qu'il puisse préparer des évasions plus spectaculaires les unes que les autres.
En effet, l'administration de ce Camp au cours de son existence dû recenser plus de 20 évasions, soit 75 détenus qui parvinrent à s'échapper de diverses et ingénieuses façons : - cachés dans un camion, déguisés en faux gendarmes avec des costumes en papier carton fabriqués au théâtre, évadés de l'hôpital, de chez un commerçant, ou en travaillant sur le réseau de fils barbelés, en profitant d'une panne de courant à la porte du Camp, de chez un dentiste, lors d'une permission, dans un tonneau à vinaigre, après avoir chloroformé le garde,...
Et enfin, l'évasion réalisée à partir de la baraque des douches, c'est-à-dire celle du tunnel, décision prise le 19 février 1944 par le commandemment militaire clandestin du Camp en exécution du plan général :
Dans la nuit du 5 au 6 mai 1944, malgré la pleine lune, malgré tous les problèmes restant encore à résoudre, mais en raison de l'urgence de la situation, ce fut donc l'ordre de départ, informés de l'imminence de la déportation.
Le Capitaine de la résistance, Rolland Gaudy, en Eure-et-Loir confirma pour chacun des 42 évadés, les planques et ordres de mission, sans oublier pour autant les autres responsables de ce secteur brûlant.
Il convient de dire que ce tunnel long de 148 mètres sur 2 mètres de profondeur a nécessité 3 mois de creusement dans des conditions épouvantables. Le film américain "La Grande Evasion" s'est inspiré de ce fait audacieux, hélas plus connu des médias que la vérité historique proprement dite et sans jamais y avoir fait référence.
Il y a 50 ans, ces 42 évadés rejoignaient les rangs de la Résistance Française assumant des fonctions importantes dans les combats de la Libération Nationale. Chacun, aujourd'hui, connaît le succès de cette évasion sans précédent dans l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale.
Cependant, le 8 mai 1944, il sont encore peut-être 800 et plus (mais ne saura-t-on jamais combien exactement) à être embarqués, entassés dans de sinistres wagons à bestiaux, amenés là à proximité du Camp, entourés de soldats allemands mitraillette au poing. A cet instant, le Camp de séjour surveillé vient d'être fermé, liquidé. Ses ex-occupants sont dirigés -via Compiègne- sur Neuengamme : un immense Camp d'extermination de l'Allemagne nazie.
A la libération des Camps, il n'en revient qu'une trentaine...seulement. Désormais, le Camp fût rebaptisé "PG502" et reçut de nombreux prisonniers de guerre allemands.
Le Comité du Souvenir du Camp de Voves, créé en 1987, a pour but de perpétuer la mémoire des anciens internés, déportés, fusillés, ayant séjourné au Camp de Voves, de maintenir leur souvenir et d'exalter les idéaux de la Résistance.
Sur le site du camp sont installés aujourd'hui une baraque musée, un wagon de marchandises type 1942 ayant servi à la déportation, un abri de protection du tunnel d'évasion, un cèdre de l'Atlas (arbre de la liberté). Ont été plantés dans son enceinte plus de 135 arbres d'essences différentes.
Où est-ce ?


|